Face à une offre toujours plus large et à des contraintes réglementaires renforcées, les Français revoient leurs priorités. Le dernier baromètre Énergies confirme une mutation profonde du marché automobile, où l'hybride domine désormais largement. Cette dynamique s'installe durablement, aussi bien sur le neuf que sur l'occasion, dans un contexte marqué par l'évolution des usages et des attentes.
L'hybride, nouveau standard du marché automobile
L'hybride s'impose comme la motorisation de référence. En 2025, il cumule 35 % des intentions d'achat, confirmant une trajectoire déjà forte en 2024 avec 38 %. Ce leadership repose sur un équilibre recherché par les automobilistes : limiter la consommation sans changer radicalement leurs habitudes.
Dans le détail, les acheteurs de véhicules neufs restent les plus convaincus, avec 37 % d'intentions d'achat, contre 31 % sur l'occasion. Mais le signal le plus marquant reste son positionnement sur le marché de la seconde main, où l'hybride prend pour la première fois la tête des intentions.
Cette progression s'explique aussi par une meilleure compréhension des différentes technologies. L'hybride auto-rechargeable concentre l'essentiel de la demande grâce à sa simplicité d'utilisation et à l'absence de recharge externe. À l'inverse, l'hybride rechargeable pâtit encore de contraintes perçues comme trop fortes, notamment en matière de coût et d'usage quotidien. Le micro-hybride, quant à lui, reste en retrait, souvent mal identifié par les acheteurs.
Autre élément clé : l'hybride séduit tous les profils. Qu'il s'agisse de petits ou de gros rouleurs, cette motorisation apparaît comme un choix cohérent, capable de s'adapter à des usages très variés sans compromis majeur.
Neuf vs occasion : une transition à deux vitesses
La transition énergétique ne s'opère pas au même rythme selon le type de marché. Sur le neuf, la bascule est nette et structurée. L'hybride s'impose largement, tandis que l'électrique s'installe solidement en deuxième position, avec des niveaux proches des 30 % d'intentions d'achat. Cette montée en puissance s'inscrit dans un cadre réglementaire de plus en plus contraignant pour les motorisations thermiques.
L'essence et le diesel reculent fortement sur ce segment, pénalisés par le malus écologique et par une image en déclin. Le diesel, longtemps dominant, poursuit sa baisse structurelle, même s'il conserve encore des atouts pour certains usages spécifiques.
Sur l'occasion, la situation reste plus contrastée. L'essence et le diesel conservent une place importante, notamment en raison de leur accessibilité financière et d'une offre historiquement plus abondante. L'hybride progresse rapidement mais n'a pas encore totalement supplanté le thermique. Quant à l'électrique, il reste encore marginal, malgré une progression réelle.
Ce décalage entre les deux marchés reflète une réalité simple : les contraintes budgétaires et l'offre disponible ralentissent la transition sur le segment de l'occasion, alors même que les intentions évoluent.
Électrique, diesel, usages : des choix encore très segmentés
L'électrique continue de gagner du terrain et atteint désormais 23 % des intentions d'achat cumulées. Il dépasse même pour la première fois le thermique dans son ensemble. Cette progression reste toutefois encadrée par des freins persistants, notamment liés à l'autonomie, au réseau de recharge et au prix d'acquisition.
Ces contraintes expliquent des comportements très différenciés selon les profils d'automobilistes. Les petits rouleurs, souvent urbains, se tournent plus facilement vers l'électrique, dont l'usage correspond à leurs trajets quotidiens. À l'inverse, les gros rouleurs privilégient encore le diesel, qui offre une autonomie rassurante et une infrastructure bien installée.
Les disparités territoriales renforcent ces écarts. Dans les grandes métropoles, les motorisations électrifiées dominent nettement, portées par des politiques locales et des restrictions de circulation favorables à leur adoption. En zone rurale, le diesel reste mieux implanté, même si l'hybride s'impose progressivement comme une alternative crédible.
L'âge joue également un rôle structurant. Les moins de 35 ans affichent une forte appétence pour l'électrique, tandis que les plus de 55 ans privilégient davantage l'hybride, perçu comme plus fiable et plus simple à intégrer dans leur quotidien.
Enfin, le marché évolue aussi dans ses modes de financement. Le paiement comptant reste majoritaire, mais les solutions de leasing (LOA et LLD) progressent rapidement. Sur le neuf, elles dépassent désormais le crédit classique, traduisant une transformation durable des comportements d'achat et une volonté accrue de flexibilité.
La rédaction d'Assurland