Assurance - divers

Selon une étude, le COVID-19 risque d'éloigner les assurés des assureurs traditionnels

Publié par le , Mis à jour le 24/09/2020 à 16:01

Menacés par le COVID, les assureurs doivent investir dans le numérique

Les restrictions de déplacements liés au contexte sanitaire que nous connaissons, ainsi que la période du confinement, ont bouleversé nos rapports aux services digitaux, et cette tendance pourrait bientôt s’appliquer aussi au monde de l’assurance, avance une étude.

Un nouveau jeu à trois

Depuis 2018, le cabinet de conseil Capgemini et l’organisation internationale Efma (European financial marketing association) publient chaque année un rapport sur les assurtech, ces nouveaux venus numériques dans le secteur de l’assurance.

Cette nouvelle édition s’intéresse en particulier aux relations à venir entre les assureurs historiques, les assurtech (fonctionnant sur le modèle des startups) et les géants de la « Big Tech » (ou GAFA : Google, Apple, Facebook, Amazon…) qui s’immiscent aussi dans le secteur de l’assurance.

La montée en puissance des assurtech et des GAFA

Lequel de ces trois acteurs va être plébiscité à l’avenir par les assurés ? Les assurtech misent sur la souscription et la gestion des contrats et sinistres en ligne, voire même directement sur son smartphone. Un service et des polices simplifiés, à l’image de ce que propose Lemonade, assurtech américaine déjà introduite à Wall Street, et dont l’assurance habitation 100% dématérialisée sur smartphone doit être proposée en France à partir de décembre.

De leur côté, les Big Tech disposent, elles, d’une force de frappe dont peu d’acteurs peuvent se prévaloir, et qui leur laisse la latitude d’investir tous les secteurs qu’ils souhaitent, y compris l’assurance. Amazon propose déjà des assurances affinitaires ainsi que des extensions de garanties pour les produits qu’il vend. Très récemment, c’est le moteur de recherche Google, via sa maison mère Alphabet, qui a créé, au milieu de ses activités déjà tentaculairesune nouvelle filiale : Coefficient Insurance, dans le but de réassurer les entreprises qui couvrent eux-mêmes leurs collaborateurs.

Le confinement nous a rapproché de ces nouvelles entreprises

Les assurés semblent séduits par ces innovations. Selon sondage mené dans le cadre de cette étude, ils étaient seulement 17% en 2016 à se dire prêts à souscrire une assurance proposée par une entreprise de type Big Tech ou GAFA. En mars 2020, ils étaient 44%. Comment expliquer cette bascule ?

Le rapport avance l’idée intéressante que la crise sanitaire, et le confinement en particulier, ont renforcé cette dynamique, en bouleversant nos rapports au numérique et à ces entreprises. En France par exemple, Amazon est devenu durant cette période l’un des rares magasins disponibles, et capable de livrer y compris des produits de première nécessité. Avec son service Amazon Prime, à l’instar de Netflix, il a aussi représenté une source privilégiée de divertissements.

Les assureurs traditionnels souhaitent aussi se digitaliser

Avec la crainte de nouvelles crises à venir, les assurés seraient également plus enclins à se tourner vers des services uniquement numériques et simplifiés. Une tendance qui semble mettre en difficultés les assureurs traditionnels. Pourtant, selon l’étude, 90% de ces derniers ont affirmé avoir renforcé leurs capacités à de fonctionner à distance, sans leurs agences, durant le confinement.

Pour ne pas être distancées par rapport aux nouvelles assurances digitales, les assureurs historiques n’hésitent pas par ailleurs à s’allier avec les nouveaux arrivants. Très récemment, Generali France a renforcé ses liens avec l’assurtech Advize, pour digitaliser ses services clients liés à ses produits d’assurances vie.

Une stratégie de rapprochement payante

Une stratégie de rapprochement qui semble par ailleurs plébiscitée par tous les acteurs, toujours selon cette enquête : 67% des assureurs traditionnels et 87% des assurtech interrogés se disent ainsi prêtes à collaborer. Une tendance que confirme Jay Weintraub, PDG d’InsurTechConnect, et qui pourrait profiter à tous : « Je crois que l'industrie est parvenue à un consensus sur le fait que la collaboration entre les assurtech et les assureurs historiques est la clé pour faire progresser les deux entreprises, et le secteur, à un rythme accéléré. »

Surtout, 62% des assureurs et 63% des assurtech prétendent être disposés à travailler avec les GAFA, qui pourraient bien peser de plus en plus sur le secteur dans les années à venir.

 
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