Rencontre avec Seyna, l'assurtech tout-en-un pour les courtiers

Publié par Quentin Bas Lorant le 24/06/2022 à 10:50 , Mis à jour le 24/06/2022 à 11:47

C'est une assurtech moins connue des particuliers, car elle s'adresse aux courtiers, mais Seyna, fondée il y a à peine quatre ans, est bien l'un des acteurs majeurs de l'écosystème néoassurantiel français. Il s'agit en effet de l'un des rares acteurs à avoir obtenu le statut d'assureur de la part l'ACPR. La « plateforme tout-en-un pour les courtiers » est également à l'origine de French Assurtech, le premier groupement d'assurtech tricolores. Enfin, la jeune pousse a bouclé en février l'une des plus importantes levées de fonds de l'exercice en cours. Nous avons évoqué le chemin déjà parcouru et les objectifs de ce tour de table avec Nicolas Foo, Chief Financial Officer (CFO) chez Seyna.

Quelle est l’histoire et l’ambition de Seyna ?

Seyna a été fondée en 2018, et, en décembre 2019, nous avons reçu l’agrément de l’ACPR, ce qui fait de nous un assureur à part entière. Cela faisait 36 ans que cet agrément n’avait pas été accordé par l’autorité de contrôle. À l’origine, l’idée était de créer des produits d’assurance destinés à de nouveaux besoins, et qui n’étaient pas encore ou peu adressés au niveau du marché. En 2021, de nouveaux défis se sont dessinés pour Seyna. Si nous continuons d'opérer comme porteur de risque sur des programmes en B2B2C dans le domaine de l'affinitaire et de la Santé, les besoins exprimés par le marché nous ont amené à nous focaliser plus fortement sur la technologie assurantielle. Nous ne construisons pas une jeune compagnie d'assurance. Nous construisons un SaaS [logiciel accessible aux clients via un cloud, ndlr] donnant accès aux courtiers à des produits d'assurance et à tous les outils dont ils ont besoin pour les distribuer, les gérer et les piloter.

Quelle est la mission poursuivie aujourd’hui ?

Quelques mois passés sur le marché au contact des clients nous ont permis de valider qu'il y avait un besoin. Protéger ses clients, pour un courtier, est devenu cher et compliqué. Mais le produit d'assurance n'est qu'une partie de l'équation. Il y a en effet un énorme enjeu technologique. La réalité est que le secteur de l'assurance est aujourd'hui limité par la technologie. Ce n'est pas de la mauvaise volonté ou un manque d'expertise des assureurs traditionnels, mais simplement la dette technique engrangée par un secteur toujours en proie à de nombreuses fusions acquisitions, ayant engendré un héritage techno extrêmement lourd à gérer.

Chez Seyna, nous voulons refaire de la technologie une force qui aide à la protection, et non un frein. Et c'est pour cela que nous nous sommes fixés comme mission de construire la technologie assurantielle qui permettra aux courtiers de protéger leurs clients dans leurs projets. En effet, les courtiers disposent déjà de toute la connaissance, du réseau ainsi que de la confiance des clients. Avec le produit d'assurance, notre objectif est de leur apporter un outil SaaS leur permettant d'opérer leurs portefeuilles efficacement, qu'il s'agisse de parcours de souscription à des CRM de gestion de contrats et de sinistres en passant par des outils facilitant le pilotage de la performance et de l'expérience client.

« Nous proposons tous les outils pour acquérir rapidement de nouveaux clients et pour les fidéliser avec une expérience digitale unique. Nous fournissons également des outils permettant aux courtiers d'assurer une gestion interne efficace et de remplir facilement leurs obligations. ».

 

Quels services fournissez-vous au courtier ?

Un courtier qui souhaite lancer une nouvelle ligne de business, un nouveau produit en santé animale par exemple, va devoir patienter entre 6 mois et 18 mois pour construire une offre avec un assureur et déployer d'importants moyens financiers pour construire les outils permettant d'opérer la distribution et la gestion du programme. Ce que propose Seyna, c'est du time to market et de l'efficacité opérationnelle. Nous proposons tous les outils pour acquérir rapidement de nouveaux clients (produit d'assurance / parcours de souscription avec gestion des prospects / suivi de l'efficacité des parcours) et pour les fidéliser avec une expérience digitale unique (espace client permettant à l'assuré final de gérer en toute autonomie ses contrats et ses sinistres).

Nous fournissons également des outils permettant aux courtiers d'assurer une gestion interne efficace (lecture intelligente des pièces justificatives / automatisation des reportings / analyse de la performance en temps-réel) et de remplir facilement leurs obligations (Directives sur la Distribution d'Assurance / Lutte contre le blanchiment / Audit assureur). Notre plateforme centralise tous les outils en lien avec la vente et la gestion d'un produit d'assurance et permet d'assurer une communication collaborative entre un assuré final, un courtier et un assureur dans un espace unique.

En tant que société agrémentée, nous portons le risque des programmes concernés, mais ce n'est pas toujours le cas. Notre plateforme est aussi mise à disposition d'autres assureurs qui portent le risque de certains programmes.

« Chez Seyna, nous aidons les courtiers à lancer un produit d'assurance et tous les outils pour l'opérer en quatre semaines. Et s'il y a besoin d'adapter le produit, pour améliorer sa distribution ou l'adapter à une cible particulière, il reste modifiable en moins d'une semaine. ».

 

Peut-on mesurer le gain de temps pour le courtier ?

Comme je le disais, il faut compter en moyenne entre 6 et 18 mois pour lancer un nouveau produit. Chez Seyna, nous aidons les courtiers à lancer un produit d'assurance et tous les outils pour l'opérer en quatre semaines. Et s'il y a besoin d'adapter le produit, pour améliorer sa distribution ou l'adapter à une cible particulière, il reste modifiable en moins d'une semaine.

C’est donc aussi du temps gagné pour s’occuper des assurés

Tout à fait, plus un courtier a à passer du temps sur des sujets technologiques ou administratifs, moins il en consacre à ses clients en portefeuille et à ses prospects. En effet, nous souhaitons redonner du temps aux courtiers. De façon plus générale, nous souhaitons accélérer le secteur de l’assurance. Nous voulons absorber toute la complexité de la construction des outils pour les courtiers afin de les laisser se focaliser sur la conceptualisation des produits et des parcours adaptés aux besoins de leurs clients. Notre conviction est que le nerf de la guerre n'est plus tant dans les garanties et le prix, de plus en plus standardisés, mais plutôt au niveau de l'UX [expérience utilisateur, ndlr] que le courtier apporte aux assurés. Nos outils leur permettent donc d'adapter et déployer rapidement les solutions. Avec notre plateforme, nous souhaitons donc faciliter autant la vie des courtiers que celles des assurés. C’est tout le défi que nous tâchons de relever. 

Combien comptez-vous de clients aujourd’hui et quelles sont les objectifs de votre levée ?

Actuellement, nous comptons environ 90 clients courtiers et distributeurs (dernière revue des chiffres il y a une semaine), et nous avons généré un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros l’année dernière. Pour poursuivre notre développement, nous avons conclu un tour de table de 33 millions d’euros cette année (Série A) après deux premières levées Seed 1 et 2 pour financer notre demande d'agrément et construire les outils permettant d'opérer efficacement une société d'assurance. Cette levée a trois objectifs : consolider notre savoir-faire sur les verticales affinitaires, ouvrir de nouvelles verticales, en l'occurrence la santé et la prévoyance, et accompagner des courtiers français qui travaillent avec des partenaires ou distributeurs européens. Il faut y ajouter bien sûr l’investissement dans la technologie, et notamment dans l’amélioration perpétuelle de notre plateforme pour arriver à une interface qui soit utilisable sur toutes les verticales d'assurance. C’est un défi exaltant, car, en assurance, les produits varient beaucoup d'un produit à l’autre, entre l'auto, la MRH, la prévoyance, etc. Il y a donc une vraie complexité à créer un socle commun capable de tous les accueillir. Et notre ambition est d'opérer l'ensemble des produits d'assurance P&C sur la plateforme Seyna.

Comment percevez-vous l’écosystème assurtech français qui vous entoure ?

C’est génial de voir autant d'assurtech proposant de nouvelles choses en termes de digitalisation et d'innovations technologiques. Tout cela bouscule l'industrie, et c'est ce qui je pense pourra à terme apporter un réel changement dans le secteur, qui a besoin de ce tournant technologique, qui a eu lieu un peu plus tôt dans le secteur bancaire. Demain, je suis convaincu que cet écosystème va complètement révolutionner la manière dont nous vivons l'assurance avec des technologies axées sur le « self care » des consommateurs, comme c'est le cas aujourd'hui dans toutes les autres industries, en intégrant l'Humain au bon moment dans les parcours.

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