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Coronavirus : l'usine Toyota d'Onnaing reprend progressivement l'activité

Publié par le , Mis à jour le 20/04/2020 à 17:57

L'usine d'Onnaing fabrique notamment le modèle Yaris de Toyota

Toyota est depuis longtemps impliqué sur le sol français avec son usine d'Onnaing (Nord), non-loin de Valenciennes. Avec les mesures de confinement mises en place à cause de la pandémie de coronavirus COVID-19, l'industrie automobile avait mis ses usines à l'arrêt. Mais aujourd'hui, Toyota est le premier constructeur à reprendre lentement son activité.

Coronavirus : reprise de l'usine Toyota d'Onnaing après 5 semaines d'arrêt

Ce lundi 20 avril 2020 et en plein dans ce que l'on nomme parfois le « Grand Confinement », l'usine Toyota d'Onnaing à proximité de Valenciennes est la première usine automobile à ouvrir à nouveau en France. Cinq semaines après la mise à l'arrêt de l'industrie automobile et le plongeon des ventes auto, l'activité reprend peu à peu.

Un protocole de mesures sanitaires a été mis en place par la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT). Puis, le mercredi 15 avril, 22 élus contre 4 de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF) ont décidé de l'organisation pour la reprise des activités. L'objectif quotidien en termes de production de voitures a été fixé à 50, contre 1 100 en temps normal, soit un véhicule produit toutes les 57 secondes. « Le vrai enjeu est de rassurer, a confié au Monde Luciano Biondo, président de TMMF. Certains appréhendent le retour au travail, donc il n'était pas question de lancer une reprise classique, comme on le fait après les trois semaines de fermeture estivale. »

Des effectifs réduits et échelonnés pour plus de sécurité

Les effectifs de l'usine ont donc été fortement réduits. 95 % du personnel est à l'heure actuelle concerné par le chômage partiel. Sur les 4 500 salariés habituels, seuls 250 ont continué à effectuer la maintenance du site industriel de Toyota depuis le début du Grand Confinement. En effet, les syndicats ont exprimé une certaine angoisse des salariés face aux risques de contamination.

Malgré tout, l'activité doit reprendre : « Ils savent aussi que rester à la maison payés au chômage partiel, ce ne sera pas ad vitam aeternam », allègue Benoît Chambon, vice-président production et président de la CSSCT ». En accord avec les mesures appliquées par l'entreprise, le délégué du syndicat FO (Force Ouvrière) Fabrice Cambier ajoute : « on sait que l’activité doit être relancée. Personnellement, je me sens plus rassuré en allant au travail que lorsque je fais mes courses dans un magasin. »

Environ 85 % des salariés ont répondu à l'appel de l'usine. Toutefois, Toyota ne compte pas les faire travailler en même temps, pour des questions de sécurité évidentes. Ainsi, la reprise se fera en douce : une équipe seulement opère de 7 heures du matin à 15 heures à la place des trois équipes habituelles. En outre, cette reprise sera accompagnée par un médecin, un infectiologue et de nombreuses mesures sanitaires.

Chaque salarié disposera d'un kit incluant notamment un guide de conseils, de l'eau, un cendrier de poche et du gel hydroalcoolique. Ils devront également porter des masques, deux par jour à changer au bout de 4 heures. Enfin, des distances de sécurité d'un mètre seront maintenues sur les lignes de production, en plus d'un port de visière. Le lavage des mains est également obligatoire et l'organisation de l'usine a été revue. Les cantines ont entre autres été fermées et des distributeurs de boissons, nourriture ainsi que des micro-ondes ont été mis à disposition.

Une reprise bien accueillie, sauf par la CGT

De son côté, le syndicat majoritaire CFDT approuve aussi ces mesures : « La peur existe pour tout le monde, mais c'est rassurant de voir tout ce qui est mis en place, explique Thomas Mercier, délégué CFDT, le syndicat majoritaire. Et le fait de ne pas compter chaque seconde sur les lignes de production nous évite la pression. »

Si la plupart des acteurs présents dans l'usine soutiennent cette reprise, la CGT est plus sceptique. « C'est irresponsable et scandaleux, s'insurge Eric Pecqueur, délégué de la CGT. Nous rassembler à plusieurs milliers pendant 8 heures, c'est prendre le risque de relancer l'épidémie », s'exprime-t-il avant de poursuivre : « en l'absence de campagne de dépistage massif, les masques sont insuffisants ».

 
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