Posséder une voiture n'a jamais semblé aussi évident... ni aussi difficile. Selon une vaste étude menée par Leocare, le coût de l'automobile atteint désormais un niveau jugé excessif par une très large majorité de Français. Entre hausse continue des dépenses, arbitrages budgétaires contraints et renoncements assumés, la voiture glisse progressivement d'un bien du quotidien vers un luxe subi, révélateur d'une tension sociale plus profonde sur la mobilité.

Le budget automobile atteint un niveau devenu difficilement supportable pour les ménages

Le constat est sans appel : 90 % des Français estiment aujourd'hui que posséder une voiture coûte trop cher, dont 43 % qui jugent la facture carrément excessive. Cette perception s'ancre dans une réalité budgétaire bien documentée. Selon l'Automobile Club Association, le coût annuel moyen de détention d'un véhicule en France oscille entre 5 000 et 10 000 euros, soit 400 à 800 euros par mois. Un niveau près de deux fois supérieur à celui observé dix ans plus tôt.

Cette facture se répartit entre plusieurs postes structurels : carburant, entretien et réparations, assurance, perte de valeur du véhicule, stationnement, péages ou encore contrôle technique. Si les montants varient selon le type de voiture, son ancienneté, le kilométrage ou le lieu de résidence, la tendance reste la même : le budget automobile s'est installé à un niveau élevé, de plus en plus difficilement absorbable par les ménages.

Depuis cinq ans, 62 % des Français constatent une hausse marquée des frais d'usage de leur véhicule, sans revalorisation équivalente de leur pouvoir d'achat. Résultat, la voiture devient une charge incompressible, comparable au logement ou à l'énergie. Pour 74 % des répondants, elle est désormais perçue comme un luxe.

Les Français contraints d'ajuster leur budget voiture et leur assurance auto

Face à cette pression financière, les automobilistes multiplient les arbitrages. L'étude montre que 40 % des Français ont déjà renoncé à acheter ou remplacer une voiture en raison de son coût, tandis que 50 % déclarent avoir eu recours à un crédit ou à un leasing pour financer leur véhicule. Même l'entretien n'échappe pas à cette logique : un Français sur cinq a déjà contracté un crédit pour faire face à des réparations.

L'assurance auto cristallise une grande partie de ces ajustements. Parce qu'elle reste l'un des rares postes modulables, elle devient une variable d'ajustement budgétaire. Près de la moitié des Français estiment qu'un tarif raisonnable se situe entre 40 et 60 euros par mois, et 32 % en dessous de 40 euros. Des montants largement inférieurs aux cotisations réellement payées, révélant un décalage croissant entre les prix du marché et la référence budgétaire des ménages.

Cette tension conduit parfois à des choix risqués. Près de 28 % des Français envisagent de rouler sans assurance pour alléger leur budget, malgré les sanctions et les conséquences financières potentielles en cas d'accident.

Le coût de la voiture accentue les inégalités et limite l'accès à la mobilité

Au-delà des chiffres, l'étude met en lumière une transformation plus profonde du rapport à la voiture. Pour 38 % des Français, l'accès à l'automobile se restreint déjà pour des raisons économiques, et 50 % estiment que la tendance actuelle va vers une limitation de la mobilité individuelle liée au coût. La voiture reste indispensable pour une partie de la population, mais son statut évolue : elle devient à la fois un outil contraignant et un symbole d'inégalités territoriales et sociales.

Dans ce contexte, le débat public centré sur la transition écologique et la fin du thermique masque une réalité plus immédiate : celle de ménages qui peinent à continuer de se déplacer.

"Le coût total de détention d'un véhicule, durablement élevé et orienté à la hausse, constitue aujourd'hui un élément structurant dans le budget des français. L'assurance et son image concentrent aujourd'hui une part de cette tension. Réduire la charge financière qui pèse sur les automobilistes français commence par leur redonner la maîtrise de leur couverture (garantie, plafond, franchise) par des montants clairs, lisibles et transparents.", déclare Christophe Dandois, co-fondateur de Leocare.

Un constat qui confirme que la question du coût de la voiture ne relève plus d'un simple débat de consommation, mais d'un enjeu structurel de pouvoir d'achat et d'accès à la mobilité.



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