En décembre 2025, le marché automobile européen a franchi un seuil symbolique. Pour la première fois, les ventes de voitures électriques ont dépassé celles des véhicules à essence dans l'Union européenne. Cette évolution, révélée par l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), marque une accélération nette de la transition énergétique, alors même que certains responsables politiques proposent d'assouplir les réglementations environnementales.
Une reprise du marché portée par l'électrification
Selon les données de l'ACEA, les ventes de véhicules neufs ont progressé pour le sixième mois consécutif dans l'Union européenne, en Grande-Bretagne et dans l'espace de l'Association européenne de libre-échange. En décembre 2025, elles ont augmenté de 7,6 % sur un an pour atteindre 1,2 million d'unités. Sur l'ensemble de l'année, le marché a enregistré une hausse de 2,4 %, avec 13,3 millions de véhicules immatriculés.
Dans l'Union européenne seule, les immatriculations ont progressé de 5,8 % en décembre, pour frôler le million d'unités, et de 1,8 % sur l'ensemble de l'année écoulée.
Cette dynamique repose largement sur les motorisations électrifiées :
- les ventes de voitures 100 % électriques ont progressé de 51 % sur un an en décembre.
- Les immatriculations de véhicules hybrides rechargeables ont augmenté de 36,7 %.
- les hybrides non rechargeables ont enregistré une hausse de 5,8 %.
Au total, les véhicules électrifiés ont représenté 67 % des nouvelles immatriculations en décembre, contre 57,8 % un an plus tôt.
Essence et diesel en fort recul sur les grands marchés européens
Cette progression de l'électrique s'accompagne d'un net décrochage des motorisations thermiques traditionnelles. En 2025, les immatriculations de voitures neuves à essence ont diminué de 18,7 % en Europe, leur part de marché passant de 33,3 % à 26,6 %. Le phénomène touche l'ensemble des grands marchés du continent, avec une chute particulièrement marquée en France (-32 %) et en Allemagne (-21,6 %).
Sur le seul mois de décembre, les ventes de voitures 100 % électriques ont même dépassé celles des modèles essence ou diesel dans l'Union européenne, avec près de 218 000 unités écoulées, contre 216 400 véhicules thermiques.
Le diesel suit la même trajectoire. En 2025, ses ventes ont reculé de 24,2 %, pour une part de marché limitée à 8,9 %. Cette contraction s'explique en grande partie par la réduction de l'offre proposée par les constructeurs.
"Il y a eu un cycle de renouvellement, les constructeurs ont fait une grande place à leur gamme électrique pour se conformer aux critères de réduction de CO2. Le plan produit a suivi cette approche", souligne Pierre Loret, analyste principal "powertrain" chez S&P Global.
La norme Euro 6, qui renchérit le coût des moteurs diesel, a également pesé sur les choix industriels.
L'hybride, moteur principal de la transition
Si les voitures 100 % thermiques ne représentent plus qu'un peu plus d'un tiers du marché européen des véhicules neufs (35,5 %), la transition ne signe pas pour autant la fin immédiate du moteur à combustion. Les hybrides apparaissent comme les grands bénéficiaires de cette phase intermédiaire et concentrent désormais 34,5 % des ventes.
Cette technologie séduit une clientèle encore réticente au tout électrique. "En France, l'acheteur moyen de véhicule neuf a environ 57 ans, il sera difficile de le faire basculer vers le tout-électrique. L'hybride lui offre le meilleur des deux mondes, c'est une technologie acceptable d'un point de vue générationnel", estime Guillaume Crunelle, associé chez Deloitte chargé de l'automobile.
Le marché de l'occasion freine également la transition. Les voitures thermiques y restent largement dominantes, notamment parce qu'environ la moitié des transactions concernent des véhicules de plus de quinze ans. Les modèles électriques d'occasion peinent encore à trouver preneur rapidement, avec des délais de vente pouvant atteindre 180 jours, soit deux fois plus qu'un véhicule essence ou diesel.
La rédaction d'Assurland