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La Mutualité française prévoit une hausse des tarifs de 4,7 % cette année

05 janv. 2023 Quentin Bas Lorant 197 vues

En septembre dernier, nos prévisions tarifaires pour 2023 tablaient sur une hausse de + 3% pour les contrats de santé. Sur ce point, la Mutualité française, qui regroupe la majorité des mutuelles santé de France, se montre plus pessimiste : elle prévoit, en ce début d’année, une hausse des cotisations moyenne de 4,7 %.

Une hausse de + 5,7 % pour les contrats collectifs

Pour parvenir à ces estimations, la fédération a sondé 35 mutuelles représentant 18 millions d’adhérents. Il s’avère que l’inflation sera, dans le détail, encore plus forte pour les contrats collectifs : +5,7 %, contre +4,1 % pour les mutuelles souscrites à tire individuel (par les non-salariés, ou en tant que surcomplémentaire). 

Cette différence s’explique par le fait que les contrats collectifs redistribuent davantage à leurs adhérents. Selon une étude de l’Autorité de contrôle prudentiel et de régulation (ACPR), menée entre 2012 et 2020, près de 90 % des cotisations sont reversées en prestations/remboursements avec les contrats collectifs, contre 75 % dans le cas des contrats individuels. 

Indépendamment de cette distinction, la Mutualité française révèle que la hausse sera bien généralisée cette année, en raison d’une augmentation croissante des dépenses des organismes. Les raisons de ces dépenses qui grimpent en flèche sont à la fois structurelles et conjoncturelles.

Des remboursements de plus en plus nombreux et de plus en plus onéreux

Sur le temps long d’abord, le vieillissement de la population française, et le progrès des technologies médicales, contribuent au fait que les mutuelles doivent effectuer des remboursements de plus en plus nombreux et de plus en plus onéreux. Ainsi, les complémentaires sont le produit d’assurance qui a connu la plus forte hausse depuis 2010 : +39 %. Un constat partagé par la Mutualité française, qui indique que depuis 2000, les dépenses de santé ont augmenté de 104 %, soit plus que le PIB (+58 %).

Sur Franceinfo, le président de la Mutualité française, Éric Chenut a expliqué la progression structurelle de ces dépenses par " vieillissement de la population, le fait que beaucoup de concitoyens souffrent de pathologie chronique et aussi parce que la médecine devient plus technique et donc coûte plus cher".

Plus récemment, depuis la crise sanitaire, les dépenses de santé ont aussi progressé fortement, et pèsent sur les tarifs. Les prévisions tarifaires de la Mutualité française le montrent : elles vont crescendo depuis deux ans : +2,6 % en 2021 +3,4 % en 2022, et désormais +4,7 %.

Des mutuelles plus taxées

D’abord, les mutuelles mettent en avant leur taxation, multipliée par 8 depuis 2000, et les effets plus récents de la "taxe Covid" imposée par le gouvernement d’1,5 milliard d’euros sur 2020 et 2021.

Cette taxe exceptionnelle (qualifiée d’ "injuste et d’injustifiée", par la Mutualité) avait été décidée en pleine pandémie afin de contraindre les complémentaires "à participer à l’effort de guerre", alors qu’elles faisaient des économies sur les remboursements médicaux. Avec les confinements et restrictions de déplacements, la consommation médicale des Français avait alors grandement baissé.

Sauf que, ces rendez-vous qu’ils ont reporté en 2020 et 2021, ils ont fini par les prendre l’année dernière. Ce phénomène, qu’on nomme "rattrapage des soins" pèsent fortement sur le nombre de remboursements émis par les complémentaires santé, et donc sur leur volet dépenses.

Les effets contrastés du 100 % Santé

Enfin, il faut également ajouter à la colonne "dépense" le remboursement de nouveaux soins : avec la réforme du 100 % Santé, de nouveaux équipements sont désormais pris en charge sans reste à charge. Un panier de lunettes, d’audioprothèse et de prothèses dentaires sont remboursés intégralement par la Sécurité sociale et les complémentaires santé (selon la Mutualité, la "Sécu" ne prend en charge que 23 % de ces dépenses, contre 77 % pour les complémentaires). 

L’ambition de cette réforme portée par Emmanuel Macron était de réduire le renoncement aux soins pour des raisons financières. Sur cet aspect, le succès de ces dispositifs médicaux témoigne d’un pari gagné. Mais les remboursements supplémentaires qu’ils génèrent contribuent à l’augmentation des cotisations. Si bien que les Français finissent par payer une partie de cette réforme. D’après la fédération, entre 2019 et 2021, le montant total des remboursements des complémentaires a connu une hausse de 20 % (soit 890 millions d’euros). Elle serait directement liée au 100 % Santé, et se décompose ainsi : 

  • +40 % de remboursement des audioprothèses (140 millions d’euros).
  • +29 % pour les prothèses dentaires (620 millions d’euros).
  • +7 % pour les lunettes (130 millions d’euros). 

Malgré le cumul de ces dépenses, la fédération des mutuelles met en avant que la hausse des cotisations demeure inférieure à celle des remboursements de soins. Entre 2019 et 2022, ces derniers ont augmenté de 10,1 %, contre +8,4 % pour les cotisations. Ce qui constitue donc un déficit pour ces organismes.

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