Faire le plein devient un casse-tête budgétaire pour de nombreux automobilistes. Avec des prix qui approchent des records sur le gazole comme sur l'essence, de plus en plus de conducteurs se tournent vers des carburants alternatifs. Le bioéthanol et le GPL s'imposent comme les deux solutions les plus prisées pour alléger la facture. Voici ce qu'il faut savoir avant de se lancer.
Le bioéthanol, jusqu'à trois fois moins cher que l'essence
Commercialisé en France depuis 2007, le Superéthanol-E85 connaît un regain d'intérêt spectaculaire depuis le début de 2026. Certains garages voient leur activité doubler. "Depuis septembre, depuis la rentrée à peu près, on a bien doublé la demande", confirme un garagiste à France Info.
L'attrait principal reste le prix : environ 0,892 euro le litre en moyenne, contre plus de 2 euros pour le gazole ou le sans-plomb 95. Un plein de 40 litres revient ainsi à 35,68 euros, contre 86,8 euros en essence. Cette différence s'explique par la composition du carburant (85 % d'éthanol issu de betterave, blé ou maïs) et par une fiscalité allégée : la TICPE ne s'élève qu'à 12 centimes par litre, contre 67 pour l'essence.
Une automobiliste, convertie au bioéthanol depuis trois mois, ne regrette rien : "Là, l'éthanol est à peu près 0,80 ou 0,85 centimes, ça dépend des stations. Quand on voit 2,30 euros le prix des autres carburants, je vous laisse faire le calcul, mais la différence est quand même assez énorme."
Ce carburant ne fonctionne toutefois que sur les moteurs essence équipés d'un boîtier spécifique, dont l'installation coûte entre 700 et 1 200 euros selon les garages. Avec une surconsommation d'environ 20 à 25 %, l'investissement se rentabilise en général au bout de 14 mois pour un conducteur parcourant 13 000 km par an. Certaines collectivités accompagnent la transition : à La Tour-du-Pin (Isère), la mairie finance jusqu'à 500 euros, soit entre 30 et 50 % du coût selon les revenus du foyer.
Le GPL, une alternative économique mais plus coûteuse à l'achat
Le gaz de pétrole liquéfié fonctionne différemment : le véhicule embarque deux réservoirs, un pour l'essence et un pour le GPL, ce dernier prenant le relais automatiquement une fois le moteur chaud. Son prix moyen s'établit à 1,052 euro le litre, avec une surconsommation de 10 à 15 % par rapport à l'essence.
Acheter un véhicule GPL neuf coûte entre 13 000 et 15 000 euros, et le marché de l'occasion démarre autour de 7 000 euros. Pour convertir un véhicule essence existant, il faut compter entre 1 500 et 3 500 euros, un investissement rentabilisé en deux à trois ans.
Le GPL offre plusieurs avantages annexes : pas de malus écologique, carte grise gratuite ou à moitié prix dans plusieurs départements, vignette Crit'Air 1, et une réduction de 10 à 30 % sur les cotisations d'assurance auto selon les assureurs. Revers de la médaille : l'entretien coûte 10 à 15 % plus cher qu'un véhicule essence classique, et seule une station-service sur sept en France distribue du GPL.
Quel carburant choisir pour optimiser son budget ?
Le calcul au kilomètre parle de lui-même : pour 100 km, l'essence revient à 13,02 euros, le diesel à 11,95 euros, contre seulement 7,89 euros pour le GPL. Le bioéthanol, lui, reste imbattable sur le prix au litre malgré sa surconsommation.
Ces deux solutions s'adressent avant tout aux gros rouleurs, seuls capables d'amortir rapidement le coût de l'installation. Un conducteur venant d'installer son boîtier éthanol témoigne du choc à la pompe : "34,50 euros pour 42 litres. La dernière fois que je l'ai fait, j'en ai eu pour 85 euros. On a l'impression de revenir 25 ans en arrière."
Avant de se lancer, mieux vaut comparer son kilométrage annuel, la disponibilité des stations dans sa région et les éventuelles aides locales, pour choisir la solution la plus rentable sur le long terme.