En août 2025, dans les montagnes des Asturies, un automobiliste a tenté de transformer la destruction de son véhicule en jackpot d'assurance. En précipitant volontairement sa voiture dans un ravin, il espérait obtenir plus de 14 000 euros d'indemnisation. L'affaire, d'abord présentée comme un accident banal, a rapidement éveillé les soupçons de la Guardia Civil. Des témoins et des analyses techniques ont fini par démonter le scénario du conducteur.

Un faux accident soigneusement mis en scène au col d'Ambasvías

Les faits se déroulent le 1er août 2025, au col d'Ambasvías, à hauteur de Carlangas, dans la commune de Valdés, au nord des Asturies. L'automobiliste, originaire de Muros de Nalón, déclare un accident isolé sur une route de montagne. Il explique s'être arrêté pour vérifier un pneu crevé, avant que sa voiture ne se mette à rouler seule et ne bascule dans le ravin.

Ce récit, relayé par La Nueva España, paraît crédible à première vue. L'assureur valide même en interne une indemnisation estimée à 14 425 euros, couvrant la perte totale du véhicule, l'intervention des secours et les expertises. Mais sur le terrain, plusieurs incohérences apparaissent. Les agents constatent que l'état du véhicule et la configuration des lieux ne collent pas totalement avec la version livrée. Les premières auditions font ressortir des contradictions qui fragilisent le scénario de l'accident involontaire.

La Guardia Civil démonte la fraude grâce aux témoins et à l'expertise

Face aux doutes, l'enquête est confiée aux unités spécialisées de la Guardia Civil. L'Unidad de Investigación de Seguridad Vial (UNIS) et l'Equipo de Investigación de Siniestros (EIS) de Luarca analysent le dossier, avant que le Grupo de Investigación y Análisis de Tráfico (GIAT) ne prenne le relais. Pendant cinq mois, les enquêteurs examinent les photos du véhicule, les rapports d'expertise de l'assureur, la topographie précise de la route et les conditions de l'accident déclaré.

Des témoins, identifiés dans le secteur, livrent des déclarations qui contredisent directement le conducteur. Les analyses techniques convergent vers la même conclusion : la voiture n'a pas chuté par accident. Le conducteur l'aurait volontairement sortie de la voie puis précipitée dans le vide pour simuler un sinistre. L'indemnisation est immédiatement bloquée, alors qu'elle avait été validée. L'automobiliste ne touchera "pas un centime" et se retrouve poursuivi pour tentative de fraude à l'assurance auto. Son dossier est transmis au Tribunal de Instancia de Luarca, section d'instruction.

Sanctions pénales et conséquences sur l'assurance auto

En Espagne, simuler un accident pour obtenir une indemnisation constitue le délit d'"estafa", prévu par l'article 248 du Code pénal. Lorsque le montant fraudé dépasse 400 euros, la peine encourue peut aller de six mois à trois ans de prison. Elle peut atteindre un à six ans en cas de circonstances aggravantes, comme la préparation du montage ou l'importance des sommes en jeu.

Au-delà du pénal, les conséquences assurantielles sont lourdes : résiliation du contrat, perte de tout droit à indemnisation et inscription dans des fichiers de fraude partagés entre compagnies, ce qui complique durablement toute nouvelle souscription.

En France, la fraude à l'assurance auto expose l'assuré à des sanctions pénales et contractuelles sévères. La tentative d'escroquerie est punie par le Code pénal de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende, même en l'absence de versement effectif.

Cette affaire illustre un phénomène plus large. En France, les assureurs ont détecté près de 902 millions d'euros de fraudes en 2024, tous secteurs confondus, en hausse d'environ 30 % sur un an. En Espagne, les professionnels estiment qu'environ une indemnisation sur dix pour des blessures en accident de la route dissimule une tentative de fraude. La Guardia Civil rappelle régulièrement que ces mises en scène pèsent sur l'ensemble du système d'assurance. Dans le cas du col d'Ambasvías, l'automobiliste a perdu son véhicule et devra désormais répondre devant la justice pour cette tentative d'"estafa" à 14 425 euros.



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