La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme sur les pratiques de certains professionnels de l'entretien automobile. Après avoir contrôlé plus de 1 600 garages, centres automobiles et concessionnaires en 2024, l'administration a constaté des irrégularités dans près de 40 % des établissements inspectés. Affichage des prix défaillant, factures imprécises, prestations facturées mais non réalisées ou encore clauses abusives : les manquements restent nombreux dans un secteur où les dépenses des automobilistes ne cessent d'augmenter.
Des défauts d'information toujours très répandus
L'enquête de la DGCCRF a porté sur 1 613 établissements spécialisés dans l'entretien et la réparation automobile. À l'issue des contrôles, près de quatre professionnels sur dix ont fait l'objet de mesures correctives ou répressives. Selon l'administration, ce résultat s'explique notamment par un ciblage plus précis des contrôles, grâce aux signalements effectués par les consommateurs.
Les inspecteurs ont principalement relevé des défauts d'information sur les prix. Dans de nombreux cas, les tarifs affichés étaient incomplets, peu lisibles ou totalement absents. Les factures remises aux clients ne permettaient pas toujours d'identifier clairement la nature des travaux réalisés ni leur coût exact.
La DGCCRF souligne notamment "l'absence récurrente d'affichage des tarifs pour des prestations qui sont pourtant systématiquement facturées au consommateur, telles que les frais de gardiennage, de diagnostic ou de main-d'œuvre".
Ces pratiques compliquent la comparaison des offres et empêchent les automobilistes d'évaluer précisément le coût de leurs réparations avant toute intervention.
Cette vigilance est d'autant plus nécessaire que le coût des réparations progresse fortement. Le prix moyen d'une heure de main-d'œuvre en mécanique est passé de 84 euros en 2019 à 100 euros en 2023, soit une hausse de plus de 19 %.
Prix gonflés, prestations fictives et clauses abusives dans le viseur
Au-delà des problèmes d'affichage, les contrôleurs ont également mis au jour plusieurs pratiques commerciales trompeuses. Certains clients ont reçu des factures supérieures aux montants annoncés initialement. D'autres ont payé des prestations qui n'avaient jamais été réalisées.
Parmi les cas relevés figure la facturation de remplacements de pièces alors qu'aucune intervention de ce type n'avait été effectuée. La DGCCRF indique que "des garagistes facturaient aux consommateurs des prestations de retrait et de remplacement de pièces détachées, alors qu'aucune manipulation de la sorte n'avait été réalisée sur le véhicule mis en réparation".
Les enquêteurs ont également identifié plusieurs clauses litigieuses ou abusives dans les contrats. Certaines prévoyaient des pénalités de retard normalement réservées aux professionnels, limitaient la responsabilité du garage en cas de vol ou de dégradation du véhicule, ou autorisaient le réparateur à modifier librement le montant de la facture sans respecter le devis initial.
Autre manquement fréquemment observé : l'absence d'information sur la possibilité d'utiliser des pièces issues de l'économie circulaire. Pourtant, cette alternative peut permettre aux automobilistes de réduire le coût de certaines réparations tout en favorisant le réemploi.
Plus de 1 300 suites administratives après les contrôles
Les investigations ont également permis de détecter des pratiques plus graves, notamment la suppression illégale de certains équipements antipollution comme les filtres à particules. Ces modifications, interdites par la réglementation, continuent d'être proposées par certains professionnels malgré les risques environnementaux et les sanctions encourues.
À l'issue de cette campagne nationale, la DGCCRF a prononcé près de 500 injonctions de mise en conformité, dressé 224 procès-verbaux administratifs ou pénaux et adressé plus de 580 avertissements aux professionnels concernés.
Face à ce niveau d'irrégularités, l'administration entend poursuivre ses contrôles. Elle recommande aux automobilistes de demander systématiquement un devis ou un ordre de réparation, de vérifier attentivement les conditions générales de vente et de comparer plusieurs offres avant d'engager des travaux. Une vigilance accrue reste le meilleur moyen d'éviter les mauvaises surprises au moment de régler la facture.
La rédaction d'Assurland