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Rencontre avec Florence Lustman, Présidente de France Assureurs

28 févr. 2022 Quentin Bas Lorant 219 vues

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La Fédération française de l'assurance a récemment changé de nom pour devenir France Assureurs. Un changement qui n'a rien de cosmétique : la fédération souhaite également peser davantage dans les grands débats de société, et se faire mieux connaitre du grand public. À l'occasion de l'élection présidentielle, une plateforme collaborative est aussi lancée sur son site pour éclairer sur plusieurs enjeux et recueillir des propositions. Pour évoquer ces nouvelles ambitions, la Présidente de France Assureurs, Florence Lustman nous répond.

L’actualité la plus récente est le changement de nom de la fédération, mais quelles nouvelles ambitions porte-t-il ?

Il faut replacer cette actualité dans son contexte : début 2021, nous avons réalisé, pour la première fois au sein de notre fédération, un vaste sondage qui s’adressait à tous nos membres, pour savoir ce qu'ils pensaient de notre action, dans toutes ses dimensions. Il en est ressorti que 85% des membres étaient satisfaits de notre action et que tous plébiscitaient le haut niveau d'expertise de nos travaux. Pour autant, notre visibilité dans le débat public pouvait être développée. Nous avons donc élaboré des pistes d'amélioration sur notre capacité d'influence et sur le renforcement de notre communication vers le grand public, afin d'installer l'assurance dans le débat sociétal. En parallèle, j’avais également lancé des travaux pour réfléchir à notre mission fondamentale, qui ont abouti à l'élaboration d’une raison d'être : « Mobiliser toutes les énergies de l'assurance pour faire avancer la société en confiance ». Ce diagnostic porté par nos membres a guidé tous nos travaux en 2021. Finalement, ce que nous avons rendu public le 5 janvier n’est que la partie émergée de travaux menés en profondeur. Le changement de nom est bien sûr l’aspect le plus visible et le plus repérable par le grand public. Quand nous avons interrogé les Français, l’acronyme « FFA » évoquait pour 90% d’entre eux la Fédération Français d'Athlétisme. Or, il faut que nos messages soient attribués à notre fédération pour obtenir le relai qu’ils méritent. D’où ce travail sur notre nom d'usage. Nous avons également refondu intégralement notre site internet pour le rendre plus accessible et lancé notre plateforme présidentielle. 

Comment résumeriez-vous les nouvelles missions de France Assureurs ?

Les missions sont les mêmes, c’est leur exécution qui change afin de prendre davantage part aux grands débats de société et valoriser l’apport de l’assurance et son utilité citoyenne. Nous sommes dans une société dans laquelle les débats sont parfois conflictuels, et manquent de fond sur des thèmes pourtant majeurs pour notre pays : santé, dépendance, catastrophes naturelles, nouvelles mobilités, etc. Nous disposons au sein de France Assureurs de données, d’études, d’experts. Nous sommes donc légitimes pour alimenter les débats avec nos travaux. Par exemple, nous étudions depuis 40 ans les catastrophes naturelles et nous sommes en mesure de projeter leur impact à l’horizon 2050. Nous sommes donc très légitimes pour plaider en faveur de politiques de prévention plus ambitieuses que nous pouvons contribuer à élaborer. D’ailleurs l’étude sur la projection du coût des catastrophes naturelles à l’horizon 2050 a bénéficié de nombreuses retombées médiatiques. Quand on partage l'information, cela suscite l’intérêt, en particulier sur des enjeux que les Français perçoivent très bien.

Sur quels types de sujets votre fédération a-t-elle vocation à s’exprimer ?

Sur tous les grands sujets de société qui animent les débats, en particulier dans la perspective de l’élection présidentielle, y compris ceux qui ne sont pas identifiés de prime abord comme assurantiels. En réalité, l’assurance fait souvent partie des solutions puisqu’elle est au cœur du quotidien des Français. La santé, par exemple, doit relever de nombreux défis : l’inégalité d’accès aux soins, la prévention, la fragmentation des parcours de soin, le report des déficits sur les générations futures, etc. Il ne s’agit pas d’assurance au premier abord, mais l’assurance fait partie des solutions.

« En réalité, l’assurance fait souvent partie des solutions puisqu’elle est au cœur du quotidien des Français ».

Ce nouveau départ a-t-il aussi pour vocation de tirer les leçons de la crise du Covid, au cours de laquelle la FFA s’était retrouvée sous le feu des projecteurs ?

Effectivement, nous avons constaté au premier semestre 2020 que nous n’étions plus audibles du grand public. Quand on n’est pas solidement ancré au préalable dans le débat public, ce n’est pas une fois la crise survenue qu’on peut s’y installer sereinement, c’est évident. Désormais, l’idée est d’être pleinement partie prenante dans les débats et de faire valoir notre point de vue. 

Quelles ambitions sont portées par votre plateforme présidentielle ?

Puisque nous souhaitons interagir davantage avec les Français et nous engager dans le débat, nous nous sommes saisis des élections présidentielles comme d’une formidable opportunité pour partager nos idées et formuler des propositions. Les candidats sont aussi très attentifs sur ce que les représentants des différentes filières peuvent proposer. Dans cette perspective, nous avons réalisé une série de livres blancs sur la santé, la dépendance, la transition écologique, et d’autres sont à venir pour faire vivre cette plateforme tout au long de la campagne présidentielle. Nous avons aussi produit des notes de position sur des sujets plus spécifiques, comme le cyber risque. Nous publions sur notre plateforme des éclairages sur ces grands sujets, et, à la fin, nous formulons un certain nombre de solutions de nature assurantielle. Avec bien sûr la volonté de contribuer aux programmes par un ensemble de propositions qui ont du sens pour les Français. C’est pour cette raison que la plateforme est interactive : les internautes peuvent donner leur avis et commenter nos propositions.

Y a-t-il des thèmes prioritaires sur lesquels vous souhaitez-vous prononcer à l’occasion de cette campagne ?

Nous avons retenu trois grands thèmes : la relance et la souveraineté économique, la transition sociale et environnementale, et le défi de la protection sociale. 

Disposez-vous d’équipes à plein temps qui travaillent sur vos études au sein de la fédération ?

Nous avons toujours eu un fonctionnement très collégial. Nos forces vives, ce sont nos comités et nos groupes de travail, composés de professionnels du secteur, et animés par les collaborateurs de la fédération. C’est de là que provient l’ensemble de nos travaux. La nouveauté depuis quelques mois, c’est que nous les reformulons pour les rendre plus accessibles et plus lisibles. Nos études peuvent en effet par nature être très techniques et la valeur ajoutée de la fédération est de tirer de ce travail d’experts une formulation qui soit compréhensible par tous : journalistes, grand public, parlementaires, personnalités politiques, etc. Les premiers retours sont très positifs. Nous avions un site déjà très visité, mais nous avons explosé nos statistiques depuis le lancement du nouveau. L'enjeu, c'est que les internautes naviguent, et découvrent ce que font les assureurs.

La fédération a-t-elle aussi vocation à se prononcer sur les grandes réformes qui affectent le secteur de l’assurance ?

Bien entendu, c'est notre travail premier que de représenter les intérêts du secteur auprès des pouvoirs publics. Nous nous prononçons sur les grands sujets assurantiels et sommes amenés à interagir avec le gouvernement et les parlementaires qui nous consultent en amont. Nous essayons là aussi d'avoir la profondeur d'expertise et la force de réflexion et d’analyse qui nous caractérisent, mais toujours dans un langage compréhensible par les parlementaires, qui ne sont pas tous, naturellement, des experts de l'assurance. 

Exercez-vous aussi des missions au-delà des frontières nationales ?

Notre travail ne se limite pas à l’Hexagone. Nous sommes très actifs chez Insurance Europe, la fédération européenne dont « France Assureurs » est membre. Nous devons porter la voix des assureurs au niveau européen, car l'essentiel des réglementations se décide à ce niveau européen. Il faut être présent bien en amont, et nouer des alliances avec les autres marchés européens d'assurance pour avoir une chance de faire prévaloir notre point de vue. C’est la raison pour laquelle nous avons rassemblé au sein d’une seule et même direction les affaires parlementaires et les affaires internationales. 

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