Rencontre avec Alan autour de la santé mentale des salariés

Publié par Quentin Bas Lorant le 01/11/2022 à 08:05 , Mis à jour le 30/11/2022 à 14:15

Il y a un an, l'assurtech Alan rachetait une startup, Jour, spécialisée dans la santé mentale. Depuis, Alan Mind, sa solution dédiée au bien-être mental des salariés, s'est déployée, et profite à cinquante entreprises. Pour mieux cerner ce nouvel enjeu et la stratégie en la matière de l'une des locomotives de l'écosystème néoassurantiel tricolore, nous avons rencontré Lydia Martin, psychologue du travail chez Alan Mind.

Pourriez-vous nous présenter votre travail ?

Bien sûr ! Je suis psychologue du travail chez Alan Mind, la solution de prévention du bien-être mental au travail, d’Alan la mutuelle digitale. Cette solution permet de sensibiliser les collaborateurs, les managers et les services RH aux enjeux du bien-être mental en entreprise, et plus largement de la problématique de la santé au travail et de la prévention des risques professionnels. 

Que contient cette solution ?

Alan Mind est composé de trois principaux volets d'accompagnement. Dans un premier temps, nous effectuons un diagnostic des risques professionnels au sein de l’entreprise, puis nous identifions les améliorations possibles au niveau organisationnel et collectif avec un plan de prévention en fonction des résultats obtenus. Au niveau collectif, nous déployons un programme de formation adapté et personnalisé pour les managers et les RH ; par exemple sur le manque de clarté des rôles, le soutien managérial, la détection du harcèlement, le retour d’un salarié en burn out, etc. 

Au niveau individuel, nous accompagnons ceux qui en ressentent le besoin par des formations, et des sessions individuelles avec des coachs ou des thérapeutes. Nous avons actuellement une trentaine de thérapeutes et une application avec un parcours de soin personnalisé, des exercices, des masterclass, etc.

Comment accède-t-on à ce service ?

Tout dépend de la formule choisie par l’entreprise. Certaines adhèrent à la mutuelle d'un côté, et d’autres vont adhérer à la fois à Alan et à Alan Mind. Cette solution est plus récente : Alan a été lancé il y a six ans, tandis qu’Alan Mind a été lancé il y a un an, à travers le rachat d'une application américaine dédiée à la santé mentale. À l’heure actuelle, 50 entreprises sont clientes d’Alan Mind.

Concernant les séances thérapeutiques, quelle forme prennent-elles ?

Il s’agit de séances individuelles de 45 minutes. Leur prise en charge dépend des contrats, mais, en règle générale, les entreprises prennent en charge les quatre premières séances de leurs collaborateurs, qui n’ont donc rien à payer. À côté de ces séances, l’application propose aussi un suivi personnalisé, avec des questionnaires, des masterclass, des exercices de méditation, etc.

"Un salarié sur deux estime que son entreprise ne met pas en place suffisamment de solutions concrètes pour favoriser la santé mentale".

 

Quelle était l’ambition de ce baromètre sur la santé mentale ?

Avec ce baromètre, nous souhaitions aller au-delà du constat et nous poser la question des solutions possibles et disponibles pour toujours mieux répondre aux besoins de nos adhérents et améliorer nos solutions. Ce qui ressort principalement, c'est qu'un salarié sur deux estime que son entreprise ne met pas en place suffisamment de solutions concrètes pour favoriser la santé mentale. C’est donc insuffisant. Lors de la première édition, nous avions proposé une série d’actions efficaces à mettre en place : des campagnes de sensibilisation, des outils et des formations (réclamés par 7 salariés sur 10) pour faire face aux difficultés au travail, psychologiques, dont des séances avec des spécialistes. Nous avions envie d’aller plus loin et surtout de remonter à la source en développant notre diagnostic et le plan de prévention adaptée sur les risques professionnels pour prévenir les situations à risque.

Quels sont, par exemple, les ateliers que vous menez en entreprise ?

Nous animons différents ateliers sur les risques psychosociaux, au cours desquels nous analysons différents risques, avec une grande interactivité et la présence d’un expert pour réguler la parole sur les situations de travail présentées. Pour donner quelques exemples, nous avons un atelier sur la conciliation vie pro/vie perso, un sur le burnout, un sur le harcèlement, un sur la régulation des émotions et une meilleure communication au sein d’une équipe, un sur le travail hybride, un sur la conduite du changement. Nous intervenons sur des sujets phares pour nos adhérents et chaque atelier permet de réaliser des exercices très concrets et de discuter entre pairs.

Est-ce que la crise sanitaire a donné plus d’acuité à ces problématiques ?

Il y a toujours eu des demandes de formation, mais la pandémie a accéléré la demande de prévention et de soin. Par exemple, concernant le travail hybride qui est en forte hausse depuis le Covid avec le développement du télétravail et qui implique aussi du management à distance, il est important de former les managers à ces situations. Ce sont des sujets dont on peut parler plus librement aujourd'hui, en tant que psychologues. Nous regrettions jusqu’ici que ces sujets ne soient pas placés au centre du débat, et notamment l’idée que le travail est un facteur qui peut améliorer comme dégrader la santé mentale. 


Les chiffres clés de l’étude d'Alan : 

● 1 Français sur 2 n’a pas confiance en l’avenir ; 

● Par rapport à la première édition du baromètre de février, les salariés sont plus nombreux à éprouver du stress (59%, +4 pts), de l’inquiétude (52%, +3 pts), des angoisses (47%, +6 pt); une tristesse inhabituelle ou prolongée, un état dépressif (40%, +3 pts) ; 

● 87% des salariés estiment que les entreprises doivent les aider dans leur quête de sens ; 

● 2 salariés sur 3 sont prêts à gagner un peu moins d’argent pour exercer un travail qui a plus de sens ; 

● 47% des salariés font actuellement état d’une perte de sens dans leur travail ;

44% des salariés envisagent actuellement de démissionner et 18% pensent le concrétiser dans les prochains mois ; 

● 49% des salariés estiment ne bénéficier d’aucune reconnaissance pour leur travail. 

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