Revue de presse

Des discriminations dans le secteur de l'assurance ?

Publié par le , Mis à jour le 09/10/2018 à 10:11 , Source : France 5

La Quotidienne, l’émission sur France 5, a réalisé un reportage suite une étude de SOS Racisme en partenariat avec le CNRS. Selon cette étude, le secteur de l’assurance des mutuelles et des prêts serait coupable de créer des discriminations d’âge, de sexe et d’origine. Stanislas di Vittorio, PDG du comparateur d’assurances Assurland.com a été interrogé en tant qu’expert du secteur.

Des inégalités dans l’accès à l’assurance ?

Pour réaliser cette étude, SOS Racisme a choisi différents profils dont les critères de genre (homme / femme), d’origine, d’âge et de lieu d’habitation (centre-ville ou quartier politique de la ville). Les chercheurs de l’étude en ont tiré 6 profils fictifs différents qui ont généré 15 000 demandes auprès des assurances automobiles, des complémentaires santé et des crédits à la consommation.

Les résultats aurait montré que la qualité de l’offre commerciale diffèrerait selon les profils :

« Il vaut mieux être un homme considéré comme d’origine française, habitant en centre-ville et âgé de 42 ans ». Car dès lors que l’on s’écarte de ce « profil central », explique Dominique Sopo, Président de SOS Racisme, « les discriminations négatives » commencent.

Les personnes issues des quartiers dits « prioritaires de la politique de la ville » (correspondant aux zones urbaines sensibles) auraient donc moins de chance d’obtenir une assurance automobile. En chiffres, un jeune homme originaire d’un quartier populaire devra payer 681 euros par an pour une assurance auto, contre 621 euros dans un autre quartier.

Des inégalités tarifaires qui s’expliquent par les différents profils à risques

Mais en interrogeant les experts du secteur de l’assurance, ces différences sont légitimes puisque les prix de l’assurance auto sont fixés en fonction du profil à risques de chaque client. Stanislas di Vittorio, PDG d’Assurland.com, explique ainsi : « il y a la notion des accidents faits par le conducteur, il y a aussi la notion du vol de véhicule (basé sur la probabilité qu’un véhicule soit volé) » Et ce sont les statistiques qui disent qu’un véhicule a plus de chance d’être volé s’il est garé la nuit dans la rue dans quartier que dans d’autres.

Même constat pour les complémentaires santé : plus l’assuré est âgé plus la complémentaire coûte cher (jusqu’à 50 % de plus), un principe qui s’applique également aux assurances emprunteur. Cette dernière est une couverture contre le décès ou contre l’invalidité ou une maladie grave, explique Stanislas di Vittorio. « Il est clair que la probabilité de décéder ou d’avoir une maladie grave augmente avec l’âge, donc le prix de l’assurance augmente mécaniquement avec l’âge » conclut le directeur du comparateur d’assurances.

Existe-t-il un principe de traitement d’égalité des clients ?

« Il y a un principe d’égalité en assurance, dans le sens où vous n’avez pas le droit – comme pour d’autres produits – de discriminer en fonction de qui est la personne, de son origine ethnique, de son origine nationale, de sa religion, de son orientation sexuelle, etc. » précise Stanislas di Vittorio. « Par contre l’assureur n’est pas tenu d’assurer toute personne qui lui demande une assurance ».

C’est le problème pour SOS Racisme, qui demande d’aller plus loin dans la protection des personnes déjà en difficultés. 

 
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