Les catastrophes naturelles pèsent de plus en plus dans les comptes des assureurs : la facture de 2022 est historique depuis la fin du siècle dernier. Ces dépenses supplémentaires pèsent déjà sur les cotisations, puisque les primes d’assurances habitation devraient augmenter de 3% à 3,5% cette année. Mais la tension sur les tarifs s'annonce encore plus lourde sur les années à venir.
On connaissait le coût des catastrophes naturelles entre janvier et septembre 2022 : il avait été estimé à 4,3 milliards d’euros. Soit presque un milliard d’euros de plus que sur l’ensemble des années précédentes (environ 3,5 milliards d’euros par an, entre 2017 et 2021). Cette comptabilisation à six mois présageait déjà d’une facture totale lourde sur toute l’année 2022.
L’addition a finalement été révélée par France Assureurs le 26 janvier : le coût des "cat nat" devrait atteindre 10 milliards sur la dernière année écoulée. Il s’agit d’un montant record au XXIᵉ siècle, puisqu’il faut remonter à 1999, année marquée par les tempêtes Lothar et Martin, pour retrouver un tel niveau de dommages.
Interrogée sur Europe 1, Florence Lustman, la Présidente de France Assureurs, a mis en avant deux raisons à cette envolée des coûts : une "augmentation de la fréquence" des phénomènes climatiques, et leur "intensification" : les Cat Nat sont plus nombreuses et coûtent de plus en plus cher.
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L’année passée, la France a en effet connu plusieurs périodes d'orages ainsi que des inondations. Mais ce sont les épisodes de grêle et les tempêtes qui ont coûté le plus : 6,4 milliards d’euros. La sécheresse a également touché une part importante du territoire en 2022. Ce sinistre, le plus coûteux pour le régime cat nat, représente une enveloppe comprise entre 2 et 3 milliards d’euros pour environ 30 000 sinistres l’été dernier.
Ce phénomène de retrait-gonflement des sols argileux, indemnisé au titre du régime cat nat, inquiète pour les années à venir, car plus de la moitié des maisons individuelles sont situées en zone d’exposition moyenne ou forte. 3,3 millions de maisons sont même exposées fortement à ce sinistre provoqué par la sécheresse.
Avec l’augmentation des températures moyennes, ce sont bien les dommages liés à la sécheresse qui risque de peser le plus sur l’avenir du régime cat nat. S’il a été récemment réformé pour mieux indemniser les sinistrés, la question de son financement va se poser de plus en plus avec les années.
France Assureurs et l’ACPR (l’autorité de contrôle de l’assurance) ont tous deux anticipé une hausse des coûts liés aux sinistres climatiques à l’horizon 2050. Pour l’association des assureurs français, le coût de ces sinistres devrait tripler à cette échéance. Pour l’ACPR, les cotisations devraient subir une hausse de 130 % à 200 % sur les 30 années à venir.
Bien sûr, au-delà de l’aspect financier, se pose l’enjeu des vies humaines détruites par ces désastres. Le réassureur allemand Munich Re en lui aussi donné une idée en début d’année à l’échelle mondiale : l’année dernière, les catastrophes naturelles et climatiques ont fait quelque 11 000 morts et causé 270 milliards de dollars de pertes.