En France, les cambriolages restent massifs et très inégalement répartis. Plus de 218 700 logements ont été cambriolés en 2024, soit environ un toutes les 2 minutes 24 secondes. Derrière cette moyenne nationale se cache une réalité plus marquée : selon le département, le risque peut être multiplié par plusieurs fois, avec des conséquences directes sur le prix de l'assurance habitation.
Des cambriolages concentrés dans les zones urbaines et dynamiques
Le taux moyen en France tourne autour de 5,9 cambriolages pour 1 000 logements, mais cette moyenne nationale masque des écarts importants. L'Isère arrive en tête avec 6 116 cambriolages en 2024 et un taux de 9,09 pour 1 000 habitants, en hausse de +20,2 % sur un an. Le Rhône suit avec 8 302 faits recensés et un taux de 8,61, confirmant la vulnérabilité de la région lyonnaise.
L'Ain se distingue par une progression particulièrement marquée : +32,8 % en un an, avec 2 811 cambriolages et un taux de 8,52 pour 1 000 habitants. La Gironde reste également très exposée avec 7 912 cambriolages, malgré une quasi-stabilité (-0,5 %), tandis que la Haute-Garonne enregistre 6 289 faits et un taux de 8,17.
Dans ce département, la métropole toulousaine concentre une grande partie des incidents, souligne l'étude, évoquant "la croissance démographique, l'étalement urbain et la forte mobilité quotidienne" comme facteurs explicatifs.
Au-delà du volume brut, certains territoires affichent des niveaux très supérieurs à la moyenne nationale. Les Bouches-du-Rhône dépassent celle-ci de +597,8 %, suivies de Paris (+545,4 %), du Nord (+509,4 %), du Rhône (+480,2 %) et de la Gironde (+452,9 %). Ces écarts illustrent l'impact de la densité de population, de l'attractivité économique et des flux touristiques sur le risque de cambriolage.
Des territoires ruraux nettement moins exposés
À l'inverse, plusieurs départements présentent des niveaux de cambriolages très faibles. La Haute-Corse se place en tête des zones les plus sûres avec seulement 119 cambriolages et un taux de 0,87 pour 1 000 habitants, en baisse de -25,6 % sur un an. Elle affiche également un écart de -91,7 % par rapport à la médiane nationale.
La Corse-du-Sud confirme cette tendance avec 122 cambriolages et un taux de 0,98, en chute de -47,6 %. Le Territoire de Belfort reste lui aussi peu exposé avec 192 faits et une baisse de -33,1 %, tandis que la Lozère (77 cambriolages) et la Haute-Saône (401 cambriolages) conservent des niveaux modérés.
Ces territoires partagent plusieurs caractéristiques :
- une faible densité de population ;
- des habitations dispersées ;
- une moindre concentration urbaine.
Un impact direct sur le prix de l'assurance habitation
Ces écarts territoriaux influencent directement le coût de l'assurance habitation. Les assureurs s'appuient sur les statistiques du ministère de l'Intérieur pour ajuster leurs tarifs. Résultat : à garanties équivalentes, le prix peut varier jusqu'à 8 % selon le département.
La garantie vol est particulièrement sensible à ce critère. Dans les zones les plus exposées, elle peut coûter jusqu'à 2,5 fois plus cher que dans les territoires les moins touchés.
Le risque par habitant constitue également un indicateur clé. La Guyane affiche le taux le plus élevé avec 10,53 cambriolages pour 1 000 habitants, devant les Bouches-du-Rhône (9,36) et l'Isère (9,09). Ces territoires concentrent une proportion importante de foyers touchés, indépendamment du volume total.
Paris présente une situation plus contrastée. Avec 9 235 cambriolages, la capitale se classe 17e département le plus touché, mais enregistre une baisse significative de -22,8 %. Son taux s'établit à 6,61 pour 1 000 habitants, traduisant une amélioration notable. Cette évolution s'explique notamment par le renforcement des dispositifs de sécurité, mais aussi par des changements d'usage des logements.
Ces données confirment une réalité : le lieu de résidence reste un facteur déterminant du risque de cambriolage... et du montant de votre assurance habitation.
La rédaction d'Assurland