Les nuisibles ne relèvent plus de l'anecdote. Selon une étude Ipsos pour Badbugs publiée le 18 février 2026, 62 % des Français ont subi une infestation au cours des cinq dernières années. Un phénomène en forte progression, qui pèse sur les finances, la santé mentale et s'impose désormais dans le débat public. Plus surprenant encore : les infestations arrivent en tête des événements que les Français souhaitent éviter dans les 12 prochains mois, devant les cambriolages ou les dégâts des eaux.

Une infestation devenue un risque majeur du quotidien

L'étude révèle un basculement inédit : 27 % des Français citent l'infestation de nuisibles comme l'événement qu'ils redoutent le plus dans l'année à venir, contre 26 % pour le cambriolage et 16 % pour le dégât des eaux.

En cinq ans, le nombre d'infestations annuelles a presque doublé. Trois nuisibles tirent particulièrement cette progression :

  • les guêpes et frelons, dont les infestations ont été multipliées par 2,8 ;
  • les rats, multipliés par 2,5 ;
  • les punaises de lit, multipliées par 2,1.

La géographie accentue encore le constat. Le Sud-Ouest (76 %) et le Sud-Est (69 %) apparaissent particulièrement exposés, tout comme l'Île-de-France (63 %). Dans le Sud, la surexposition aux moustiques tigres et aux frelons explique cette hausse. En région parisienne, punaises de lit et cafards dominent.

Un coût financier et psychologique lourd pour les ménages

Au-delà de la gêne matérielle, l'infestation bouleverse la vie quotidienne. 69 % des victimes déclarent un impact notable sur leur qualité de vie ou leur santé mentale. Stress (44 %), troubles du sommeil (38 %) et nervosité accrue (31 %) figurent parmi les principales conséquences.

La facture moyenne atteint 570 euros par foyer concerné. Certains nuisibles génèrent des dépenses encore plus élevées :

  • 816 euros en moyenne pour les punaises de lit ;
  • 684 euros pour les puces ;
  • 560 euros pour les rats.

Lorsque l'intervention d'un professionnel s'impose, le traitement pèse lourdement dans le budget. Résultat : 40 % des victimes déclarent avoir dû renoncer à certaines dépenses essentielles ou de loisirs pour faire face aux frais. Ce chiffre grimpe à 68 % chez les personnes confrontées aux punaises de lit. Vacances, vêtements, loisirs ou alimentation figurent parmi les postes sacrifiés. L'infestation devient ainsi un choc financier autant qu'un traumatisme psychologique.

Assurances et politique : une prise de conscience encore incomplète

Face à cette montée en puissance, les assureurs commencent à intégrer des garanties nuisibles dans les contrats habitation. MACIF, CCF, Luko ou encore Friday incluent désormais des solutions avec mise en relation et prise en charge partielle du traitement, souvent entre 300 et 500 euros.

Des offres affinitaires plus complètes se développent également, avec relogement, ménage post-traitement ou garde d'animaux, notamment chez Badbugs, Leocare ou Homeserve. Pourtant, 68 % des Français ignorent l'existence de ces garanties, alors même que 53 % se disent intéressés. L'intérêt monte à 59 % chez les CSP+ et 56 % dans les grands centres urbains.

Dans l'espace public, le sujet prend une dimension politique. Deux tiers des Français déclarent avoir vu des nuisibles dans leur commune ces douze derniers mois. La proportion atteint 73 % en région parisienne et 72 % dans les grandes villes.

Nicolas Roux de Bézieux, fondateur de Badbugs, alerte : "Cette étude montre l'urgence d'agir. La lutte contre les nuisibles ne peut plus reposer uniquement sur les particuliers. L'implication d'une partie des assureurs est une excellente nouvelle qu'il faut saluer et qui donnera j'espère des idées aux autres ! Pour ce qui est de l'espace public, il faut souhaiter que les futures équipes municipales et plus largement les responsables politiques vont prendre la mesure de l'enjeu et agir en conséquence".



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