Le rattrapage des soins médicaux a-t-il bien eu lieu en 2021 ?

Publié par Quentin Bas Lorant le 26/04/2022 à 16:39 , Mis à jour le 27/04/2022 à 09:33

Le courtier Verspieren vient de livrer son étude annuelle sur la consommation médicale des Français. Il apparait qu'après une année 2020 en retrait, la dépense moyenne a retrouvé l'année dernière son niveau d'avant-crise. Il faudra donc surveiller de près ses cotisations de mutuelle santé, car un rattrapage des soins implique une hausse des dépenses côté complémentaires, avec à la clef une potentielle inflation des tarifs.

Retour au niveau de dépense médicale de 2019

En 2020, les Français avaient économisé en moyenne 250 euros sur leurs frais de santé, par rapport à 2019. Bien sûr, la pandémie avait joué son rôle dans cette baisse de la consommation médicale : les restrictions de déplacements, et la crainte de surcharger des services médicaux déjà très occupés, ont conduit les Français à repousser leurs rendez-vous de santé.

En grande partie, ils les ont rattrapés en 2021. C’est ce qui explique notamment la surcharge de remboursement à laquelle ont été confrontés les organismes complémentaires, en déficit sur le premier semestre de l’année passée. Pour mieux prendre la mesure de ce rattrapage, le courtier Verspieren a récemment publié une étude sur les dépenses médicale qu’il a pris en charge en 2021.

Il y apparait que la dépense moyenne de santé a augmenté de 303 euros l’année dernière, au regard de 2020. En 2019, elle était d’environ 1 100 euros, puis elle est descendue à 840 euros l’année du déclenchement de la crise sanitaire, pour finir par remonter à 1 140 euros en 2021. On peut donc dire qu’en matière de consommation médicale, le niveau d’avant crise a été retrouvé, et même, dépassé d’une quarantaine d’euros par rapport à 2019 (+3,7%).

Dans le détail, ces 1 140 euros se décomposent ainsi, par postes de dépense décroissants : 

  • Hospitalisation : 24% (environ 275 euros)
  • Dentaire : 17%(environ 195 euros)
  • Médecine courante (prélèvement, analyses, radios) : 16%, (environ 180 euros)
  • Optique : (13%, environ 150 euros)
  • Pharmacie : 12% (environ 140 euros)
  • Consultations et visites : 11% (environ 125 euros)
  • Autres (médecine douce, prothèses auditives, etc) : 7% (environ 80 euros)

En tête, on retrouve les frais d’hospitalisation, les plus onéreux, mais qui sont en principe bien couverts par le couple Sécu + mutuelle (les contrats de mutuelles « essentiels » comprennent a minima la couverture de ces frais). 

Impact du 100% Santé ?

Surtout, cette répartition des dépenses illustre bien l’entrée en pleine vigueur d’une réforme emblématique du premier quinquennat d’Emmanuel Macron : le 100% Santé. Ce dispositif, qui propose un reste à charge zéro sur un panier de soins en optique, dentaire et audiologie, s’est appliqué progressivement jusqu’au 1er janvier 2021, avec la prise en charge des prothèses dentaires amovibles. 

Depuis, on remarque une hausse de la consommation de soins encadrés par le 100% Santé. En optique et en dentaire notamment. En 2021, 29% des Français disposant d’une complémentaire santé ont consulté un dentiste au moins une fois dans l’année, soit une hausse de 2,6 points par rapport à 2020. Il faut rappeler qu’en dentaire, le 100% santé donne accès à plusieurs types de couronnes, dentiers et bridges. Le panier sans reste à charge a été plébiscité dans 40% des soins dentaires de l’année écoulée. 

En revanche, la dynamique des soins en audiologie, en queue de classement des dépenses, apparait plus surprenante. D’un côté, la réforme semble porter ses fruits, puisque la dépense moyenne pour une prothèse auditive a été abaissée de 63 euros entre 2020 et 2021, mais le recours aux équipements sans reste à charge reste mineure selon Verspieren (23%).

Sur ce point, le syndicat des audioprothésistes (SDA) avait apporté un son de cloche différent à la rentrée dernière. Selon lui, entre le premier semestre de 2019 et celui de 2021, le nombre de personnes équipées est passé de 228 800 à 383 700, soit une augmentation de près de 68 %. Sur ce total, près de 40% auraient fait appel au panier de soins sans reste à charge. 

En l’espèce, il est tout simplement possible que le portefeuille d’assurés du courtier ne soit pas complétement représentatif du paysage des patients français. Néanmoins, l’étude apporte également des tendances moyennes intéressantes sur la répartition géographique des dépenses médicales.

Classement de la consommation médicale par région en 2021

Région Dépense moyenne par de santé par an et par assuré
Provence-Alpes-Côté d'Azur 1 395,90 euros
Ile-de-France 1 346,60 euros
Nouvelle Aquitaine 1 190,70 euros
Hauts-de-France 1 172,50 euros
Auvergne Rhône-Alpes 1 156, 00 euros
Occitanie 1 126,60 euros
Corse 1 110,50 euros
Bourgogne-Franche-Comté 1 087,20 euros
Grand Est 1059,10 euros
Normandie 1 056 euros
Pays de la Loire 1 054,10 euros
Centre-Val de Loire 982,30 euros
Bretagne  967,80 euros

Au sommet du classement, on trouve une nouvelle fois la région PACA, zoné géographique où l'âge de la population induit une consommation médicale plus élevée que la moyenne nationale, et où les tarifs sont aussi plus élevés, d'après Verspieren. Le niveau de dépense dépasse donc de 22% la moyenne nationale.

Économisez jusqu'à 40% sur votre assurance santé

Grâce à Assurland.com, comparez gratuitement vos assurances personnelles en quelques minutes pour être protégé au meilleur prix !

 
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
 
0 RÉACTION
Pas encore de commentaire, soyez le premier.

RECHERCHEZ DANS LES ARTICLES