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La sécurité routière change sa stratégie de communication

Publié par le , Mis à jour le 24/01/2020 à 16:11

Les Français ont changé de mentalité quant à la sécurité routière

Depuis 2008, les communiqués, pancartes et autres opérations de la Sécurité routière donnaient plutôt dans le « choc », voire même le « viral » ou le « gore ». Mais la Délégation a décider de changer radicalement sa stratégie. Elle se veut désormais moins « trash », plus responsable mais aussi plus mature.

Un nouveau message moins infantilisant pour les Français

Les Français avaient été habitués à des messages pour le moins infantilisants sur des affiches pleines d'hémoglobine, de ferraille tordue et à la luminosité plutôt glauque. On pouvait y lire quelques textes toujours réjouissants : « vous direz à ses enfants que vous deviez absolument répondre à ce SMS », « vous direz à sa famille que vous deviez absolument lire ce mail », « tu peux faire une croix sur ta soirée entre amis... et sur le reste de ta vie ! », « vous avez juste oublié un clignotant, il est juste un peu mort » ou encore « pour les fêtes, le plus beau des cadeaux, c'est de rentrer en vie ». Tout à fait dans le thème de cette période !

Mais la Délégation de la sécurité routière désire prendre un nouveau tournant à partir de ce vendredi. Du très connu « Tous responsables », qui avait remplacé le « Changeons » de 2003, elle va passer à un « Vivre ensemble ». Les campagnes de sensibilisation contre les dangers de la route se voudront donc plus positives, dans une dynamique plus « adulte ».  « Pour qu'un message soit entendu, il faut le renouveler régulièrement. Le précédent slogan était un peu prescriptif. Celui-ci est plus fédérateur et bienveillant. (…) Ce n'est pas un reniement – la responsabilité de chacun reste la même –, mais une évolution », argumente Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière.

Au lieu de dénoncer les problèmes, favoriser les solutions

« Nous voulons une communication sur les solutions. C'est aussi ce que l'on fait dans notre politique. Quand on développe les EAD [ndlr : éthylotests antidémarrage], c'est une philosophie d'accompagnement et de solution », ajoute le délégué. Pour mener à bien cette nouvelle façon de communiquer, il se base sur une étude Louis Harris 2, une entreprise de sondages et d'études du marché français. On y trouve entre autres les résultats suivants, qui montrent un changement de mentalité des Français face aux dangers de la route et aux nouveaux moyens de locomotion :

  • 40% des Français déclarent se sentir en insécurité lorsqu'ils circulent sur la voie publique ;
  • 54% des utilisateurs de vélos et 49% des utilisateurs de deux-roues motorisés déclarent se sentir toujours ou souvent en insécurité sur la voie publique ;
  • 52% d'entre eux estiment qu'ils se sentent plus souvent en insécurité qu'il y a 5 ans quand ils circulent ;
  • 77% estiment que la sécurité routière passe d’abord pas un plus grand respect des règles de la part des usagers de la route ;
  • 94% estiment qu'il faut davantage de respect et bienveillance entre usagers ;
  • 93% estiment qu'il faut se partager la voie en bonne intelligence.

La sécurité routière veut désormais se montrer « bienveillante »

Ainsi, ce nouveau slogan plus « fédérateur et bienveillant » sera visible sur la nouvelle campagne de sensibilisation aux dangers de la conduite sous l'emprise d'alcool, lancée à l'occasion de cette période de fêtes de fin d'année. En outre, la Sécurité routière a prévu de publier deux films et deux spots radio narrant la situation de personnes sauvés par la bonne conduite des autres usagers sur la route, le tout sans image d'accident. « Ce sont des messages de gratitude des uns envers les autres », justifie-t-il.

Ce changement radical s'explique aussi par une certaine opposition de l'opinion publique aux anciennes « campagnes choc » de la Sécurité routière et des résultats historiquement bas en terme de mortalité routière [ndlr : 3 488 tués sur la route en 2018]. Si l'année dernière a été exceptionnelle en termes de résultats, on a aussi entendu un message de contestation vis-à-vis de la sécurité routière. On a voulu un message qui redonne le sens de notre politique : faire que l'on vive sur la route, qui est un espace commun que l'on partage », explique encore Emmanuel Barbe.

 
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