Assurance santé

Forfait psy : les psychologues manifestent contre un dispositif inadapté et dévalorisant

Publié par le , Mis à jour le 16/06/2021 à 16:03

Annoncés tous les deux en grandes pompes par le gouvernement, le chèque psy a destination des étudiants puis des mineurs ne fait pas l'unanimité chez les spécialistes de la santé mentale. De nombreux psychologues font part de leur opposition au dispositif ces dernières semaines.

Le chèque psy pour les étudiants : insuffisant ?

Les psychologues peuvent aussi avoir un coup de blues. La profession a manifesté la semaine dernière dans plusieurs villes de France, pour faire part d’un mal-être professionnel persistant, et mettre en cause plusieurs mesures gouvernementales prises depuis le début de la crise sanitaire.

À l’origine de la colère, il y eut le chèque psy mis en place pour les étudiants en mars dernier. Il devait leur permettre de bénéficier de 3 séances gratuites de 45 minutes, renouvelables une fois. La nécessité d’une telle mesure apparaissait évidente, tant les étudiants ont souffert mentalement de l’année écoulée (cours à distance, pertes de leurs emplois, isolement…).

Mais, pour les psys, c’est la mise en application qui pose problème. D’abord, le chèque psy ne peut être obtenu qu’après un passage par son médecin traitant : comme si les professionnels de la santé mentale étaient incapables de détecter eux-mêmes les besoins des patients, regrettent-ils.

De plus, le forfait prévu témoigne, d’après les psychologues engagés, d’une méconnaissance de leur métier : la durée et le nombre de séances sont bien insuffisants par rapport aux besoins de la plupart des personnes en détresse psychologique.

Un dispositif similaire pour les mineurs de 3 à 17 ans

C’est le même constat qui prévaut avec la dernière mesure en date : un accompagnement psychologique pris en charge, mais cette fois à destination des enfants (âgés de 3 à 17 ans). Annoncé à la presse mi-avril par Emmanuel Macron, sans consultation de la profession, cette nouvelle disposition n’a, d’après les psychologues, tiré aucune leçon des reproches faits au chèque psy pour les étudiants.

Ici aussi, la lourdeur administrative est de mise : il faut également consulter son médecin traitant avant. Et, une nouvelle fois, les 10 séances de 30 minutes semblent bien insuffisantes à la profession. La durée par séance est inférieure à ce qui est fait chez la plupart d’entre eux, mais, surtout, ces séances ne sont prises en charge qu’à hauteur de 22 euros, tandis qu’elles sont normalement facturées en 40 et 70 euros. 

Pour les professionnels mobilisés, une séance à 22 euros équivaudrait à une non-reconnaissance de leurs compétences par l’État, mais empêcherait surtout nombre d’entre eux d’entrer dans leurs frais. Une imposition tarifaire d’autant plus mal vue et malvenue que les psychologues estiment être les grands « oubliés » du Ségur de la Santé.

Au terme de cette consultation des acteurs du système de soin français, des revalorisations salariales ont été actées pour plusieurs professions de santé (infirmiers, aides-soignants, auxiliaire de puériculture…) mais les psychologues de la fonction publique n’en font pas partie.

Pour finir, une autre revendication permettrait la mise en place de forfait ou de chèque psy : le remboursement par l’Assurance maladie, demandé de longue date. À l’heure actuelle, seules certaines complémentaires santé prennent en charge les pathologies mentale de leurs adhérents, alors que le problème semble d’ampleur : un Français sur sept a présenté un syndrome dépressif à l’issue du premier confinement au printemps 2020.

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