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Le marché automobile est fortement perturbé par le coronavirus

Publié par le , Mis à jour le 11/02/2020 à 16:20

Hyundai possède le plus grand complexe industriel automobile du monde

Au début de l'année 2020, l'épidémie de coronavirus (2019-nCov) s'est déclarée depuis Wuhan, et touche principalement la Chine. Certaines zones du territoire chinois sont en quarantaine. C'est par exemple le cas de la province de Hubei, point de départ du virus ou encore de Hong Kong. Mais l'impact du coronavirus n'est pas seulement humain, il perturbe déjà fortement le marché auto.

La Chine, un acteur essentiel de l'industrie automobile

Difficile de ne pas le voir : la Chine est le premier exportateur mondial et son marché est étendu dans le monde entier, de l'Asie à l'Europe en passant par les Amériques et l'Afrique. En ces temps de crise sanitaire, la dépendance de l'industrie et a fortiori du marché automobile à la Chine est plus visible que jamais. De nombreux constructeurs et équipementiers (Volvo, Honda, Peugeot, Renault, Toyota, General Motors, Ford, Volkswagen, Hyundai, Fiat Chrysler, Michelin) ont déjà arrêté leur production ou prévoient de le faire.

« L'industrie manufacturière chinoise est cruciale pour les chaînes de production automobiles. Tout ralentissement ou interruption dans la fabrication d'un composant (...) peut provoquer des engorgements et arrêts d'usines dans des pays comme la Corée, le Japon, l'Iran ou la Tanzanie », expliquent les analystes de Fitch Solutions, spécialistes des marchés et des risques.

Et le danger est grand lorsque les chaînes de productions ne sont pas diversifiées. « Quelle honte de ne pas pouvoir travailler ! Il n'y a rien à faire quand on dépend à ce point d'un seul pays », s'exclame M. Park, un ouvrier d'Ulsan. En effet, la Corée du Sud est très dépendante de la Chine pour nombre de ses pièces détachées. « Les entreprises sud-coréennes dépendent cruellement de la Chine pour leurs pièces détachées. Problème : il suffit d'une pièce manquante pour ne plus rien pouvoir faire », déplore Cheong In-kyo, économiste à l'université sud-coréenne d'Inha.

Coronavirus : Hyundai stoppe le complexe d'Ulsan

D'ailleurs, le 7 février dernier en Corée du Sud, Hyundai, premier constructeur automobile du pays, avait temporairement fermé les portes de son complexe industriel à Ulsan. Ce complexe est également le plus grand centre de production automobile au monde. Sa capacité de production est de 1,4 million de véhicules par an. Au total, 25 000 employés se sont retrouvés au chômage technique. En cause : son approvisionnement en composants de câblage électronique vient principalement de Chine.

En ce mardi 11 février 2020, une reprise partielle de la production a été enclenchée. Un retour à la normale est attendu pour la semaine prochaine. On estime par ailleurs la perte potentielle pour Hyundai à 450 millions d'euros pour cinq jours d'arrêt. Mais c'est aussi Kia, filiale de Hyundai, qui avait suspendu l'activité de trois usines lundi.

Busan : Renault Samsung Motors suspend la production de son usine

Du côté des constructeurs Français, l'impact du coronavirus s'est directement fait ressentir sur Renault, qui a dû fermer son unique site de production coréen, l'usine Renault Samsung Motors à Busan. « En raison de la proximité géographique, l'usine de Busan est le site le plus exposé aux ruptures d'approvisionnement de Chine », communique un porte-parole du groupe. À compter d'aujourd'hui, le 11 février, la production de l'usine est complètement suspendue.

Ce complexe industriel possède une capacité de production de 216 000 véhicules par an. « Renault a mis en place un dispositif d'anticipation, de suivi et de contrôle des risques d'approvisionnement pour ses usines dans le monde », explique le constructeur. La reprise de l'activité est normalement prévue pour le 17 février.

D'autres constructeurs ralentissent leur activité

Sur le territoire chinois, d'autres constructeurs ont stoppé leur activité. Le vendredi 7 février dernier, Toyota et Honda avaient annoncé prolonger la fermeture de leurs usines respectives. Toyota prévoit une réouverture potentielle de ses douze usines au 17 février prochain. En outre, Fiat Chrysler prévoit la possibilité de fermer l'une de ses usines européennes, toujours pour des raisons d'approvisionnement.

Enfin, aux États-Unis, les constructeurs et équipementiers tentent de trouver des solutions pour s'adapter aux contraintes imposées par cette crise sanitaire. Toutefois, « il n'y a pas de capacités de production de la taille de celles de la Chine qui seraient inemployées quelque part pour combler les pénuries », observe Kristin Dziczek, du Centre de recherche sur l'automobile d'Ann Arbor.

 
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