Chaque année en France, plus de 40 000 véhicules sont impliqués dans des collisions avec des animaux sauvages selon les assureurs. Ces accidents, considérés juridiquement comme des cas de force majeure, soulèvent des questions spécifiques sur les démarches à effectuer, l'indemnisation et l'impact sur votre contrat d'assurance. Contrairement aux idées reçues, vous disposez de cinq jours ouvrés pour déclarer le sinistre et l'indemnisation dépend entièrement des garanties souscrites dans votre contrat auto.
Qu'est-ce qu'un accident avec un animal sauvage ?
Un accident avec un animal sauvage correspond à une collision entre votre véhicule et un animal vivant à l'état libre, sans propriétaire identifié. Les espèces les plus fréquemment impliquées sont les sangliers, chevreuils, cerfs et renards.
Ces animaux relèvent juridiquement du statut res nullius (chose sans maître) : ils n'appartiennent à personne et évoluent librement dans leur milieu naturel. Cette caractéristique les distingue fondamentalement des animaux domestiques (chiens, chats, bovins) dont les propriétaires peuvent être tenus responsables des dommages causés.
L'absence de propriétaire identifiable signifie qu'aucune responsabilité civile ne peut être recherchée lors d'une collision avec la faune sauvage, contrairement aux accidents impliquant des animaux domestiques où le maître engage sa responsabilité.
Que faire en cas de collision avec un animal sauvage ?
Sécuriser les lieux et appeler les secours
Adoptez ces réflexes de sécurité dans l'ordre suivant :
Étape 1 : Vérifiez l'état des occupants
- contrôlez que tous les passagers sont conscients et indemnes,
- appelez immédiatement le 112 en cas de blessures, même légères,
- ne déplacez personne si vous suspectez des traumatismes.
Étape 2 : Sécurisez la zone d'accident
- allumez vos feux de détresse et enfilez votre gilet de sécurité,
- placez le triangle de signalisation à 30 mètres minimum en amont de votre voiture,
- éloignez-vous de la circulation et dirigez-vous vers un lieu sûr.
Étape 3 : Gérez la présence de l'animal
- ne touchez jamais l'animal, même s'il paraît inoffensif,
- gardez vos distances : un sanglier ou chevreuil blessé peut devenir agressif,
- observez son état depuis votre véhicule ou un endroit protégé.
Étape 4 : Alertez les autorités compétentes
Si l'animal sauvage est blessé mais vivant, contactez dans cet ordre :
- l'Office français de la biodiversité (OFB) de votre département,
- un vétérinaire pour obtenir des conseils,
- les services municipaux pour organiser la prise en charge.
Appelez systématiquement les forces de l'ordre (17) pour établir un procès-verbal officiel, indispensable pour votre dossier d'assurance.
Rassembler les éléments de preuves de l'accident
Constituez un dossier de preuves complet en faisant des photos de :
- tous les dégâts matériels sur votre véhicule (pare-chocs, carrosserie, phares),
- l'environnement de l'accident (présence de clôtures, panneaux de signalisation),
- l'animal sauvage s'il est encore visible sur les lieux,
- la configuration de la route et les conditions météorologiques.
La constitution d'un dossier de preuves solide détermine la réussite de votre indemnisation. Photographiez systématiquement les dégâts matériels sur votre véhicule, l'environnement de l'accident (présence ou absence de clôtures, panneaux de signalisation) et l'animal s'il est encore visible.
Récupérez tous les éléments physiques disponibles sur les lieux :
- poils ou traces de sang laissés sur le pare-chocs ou la carrosserie ;
- coordonnées complètes des témoins éventuels ;
- relevé précis du lieu et de l'heure de la collision.
Bon à savoir :
Même si l'animal sauvage s'enfuit après le choc, ces traces biologiques permettent à l'expert de confirmer la nature de l'accident. Ne nettoyez surtout pas votre véhicule avant son passage : ces preuves matérielles facilitent considérablement l'expertise et accélèrent le traitement de votre dossier.
Qui est responsable des dommages causés par un animal sauvage ?
Absence de tiers responsable
Aucune personne physique ou morale n'est directement responsable lors d'une collision avec un animal sauvage. Cette absence de responsabilité civile constitue la spécificité juridique fondamentale de ce type d'accident de la circulation.
Les animaux sauvages évoluent librement dans leur milieu naturel sans propriétaire identifiable. Juridiquement qualifiés de res nullius (chose sans maître), ils ne disposent d'aucun gardien légal susceptible de répondre des dommages causés.
Cette absence de tiers responsable distingue les accidents avec la faune sauvage de ceux impliquant des animaux domestiques, dont les propriétaires peuvent voir leur responsabilité engagée.
Votre assureur ne peut se retourner contre aucun tiers pour récupérer les sommes versées. C'est pourquoi une franchise s'applique systématiquement avec une assurance tous risques et que les dommages matériels ne sont pas couverts avec une assurance au tiers.
Comment déclarer un accident avec un sanglier ou chevreuil ?
Les délais de déclaration à respecter
Cinq jours ouvrés : ce délai légal s'impose à tous les assurés après une collision avec un animal sauvage, conformément à l'article L113-2 du Code des assurances. Le décompte débute le lendemain de l'accident, week-ends et jours fériés exclus.
Vous pouvez effectuer votre déclaration de sinistre par téléphone, courrier recommandé, email ou directement via l'application mobile de votre assureur. La plupart des compagnies acceptent désormais les déclarations dématérialisées, ce qui accélère considérablement le traitement de votre dossier.
Le non-respect de ce délai peut entraîner une déchéance de garantie partielle ou totale, sauf cas de force majeure médicalement justifié.
Les documents à fournir à votre assureur
Votre déclaration de sinistre doit s'accompagner de pièces justificatives précises pour faciliter l'expertise et accélérer votre indemnisation. Transmettez impérativement votre constat amiable rempli, même en l'absence d'autre véhicule impliqué, en décrivant minutieusement les circonstances de la collision.
Le procès-verbal des forces de l'ordre constitue une pièce maîtresse de votre dossier : il officialise la nature sauvage de l'animal et authentifie les circonstances de l'accident. Joignez systématiquement :
- vos photos des dégâts,
- des traces biologiques (poils, sang),
- les coordonnées des témoins éventuels.
Votre permis de conduire, carte grise et attestation d'assurance complètent le dossier administratif. Si l'animal sauvage s'est enfui après le choc, les traces physiques sur votre véhicule et les témoignages recueillis sur place permettent à l'expert de confirmer la réalité de la collision sans difficulté particulière.
Quelle indemnisation selon votre contrat auto ?
| Type de contrat | Dommages matériels du véhicule | Dommages corporels des passagers | Dommages corporels du conducteur |
| Assurance tous risques | Prise en charge complète via la garantie dommages tous accidents, après déduction de la franchise | Couverts par la responsabilité civile | Couverts si garantie du conducteur souscrite, sinon recours au FGAO |
| Assurance au tiers | Aucune prise en charge | Couverts par la responsabilité civile | Couverts si garantie du conducteur souscrite, sinon recours au FGAO |
| FGAO (Fonds de Garantie) | Non applicable | Complément d'indemnisation si nécessaire | Réparation intégrale du préjudice en cas de garanties insuffisantes |
La franchise s'applique systématiquement lors d'une collision avec un animal sauvage si vous disposez d'une assurance tous risques.
Bonus-malus : quel impact sur votre assurance ?
Aucun malus ne peut être retenu à la suite de cet accident. Cet événement, imprévisible et assimilable à un cas de force majeure, n'a donc aucun impact sur votre coefficient de bonus-malus. Votre coefficient de réduction-majoration reste donc inchangé lors du prochain renouvellement. Seules des circonstances exceptionnelles peuvent modifier cette règle :
- gibier poussé par des chasseurs,
- défaillance de signalisation sur une route de campagne à forte densité animale,
- défaut d'entretien du gestionnaire de la route dans une zone de passages d'animaux identifiée.
Foire aux questions
Comment prouver la collision si l'animal blessé s'enfuit ?
Photographiez immédiatement les traces biologiques sur votre véhicule : poils, sang, impacts. Le procès-verbal des forces de l'ordre et les témoignages recueillis suffisent à établir la réalité de la collision pour votre assureur. L'expert mandaté analysera ces éléments pour confirmer la cause de l'accident.
Quel est le coût moyen des réparations après une collision ?
Les dégâts matériels varient de 1 500 euros pour un impact mineur à plus de 15 000 euros lors d'un choc frontal avec un sanglier. La valeur de remplacement peut être atteinte rapidement selon l'âge de votre véhicule et l'importance des dommages structurels.
L'assurance couvre-t-elle un accident avec un animal sauvage à l'étranger ?
Votre assurance auto française vous couvre dans tous les pays de l'Union européenne et certains pays limitrophes selon votre contrat. Vérifiez les conditions générales avant votre départ. À l'étranger, contactez immédiatement votre assureur et les autorités locales pour établir un constat officiel.
Comment éviter une collision avec un animal sauvage ?
Réduisez votre vitesse dans les zones boisées, particulièrement à l'aube et au crépuscule quand les animaux sont actifs. Respectez la signalisation "passage d'animaux" et maintenez une distance de sécurité accrue. Si un animal traverse, ne braquez pas brutalement : freinez en ligne droite pour éviter une sortie de route plus dangereuse.
Une assurance au kilomètre couvre-t-elle ce type d'accident ?
Oui, les garanties souscrites s'appliquent identiquement, que vous rouliez peu ou beaucoup. Seule la prime varie selon votre kilométrage déclaré. L'indemnisation dépend uniquement de vos garanties (tous risques ou au tiers), pas de votre formule tarifaire.
Peut-on récupérer l'animal après la collision ?
La récupération du gibier est possible sous conditions strictes : autorisation du propriétaire du terrain, accord de l'Office français de la biodiversité et respect des règles sanitaires. Cette démarche ne doit jamais retarder votre déclaration de sinistre ni compromettre votre sécurité.